T’es toi quand tu parles, Nicolas !

« Mais tais-toi Nicolas, ferme-la bordel !!! » Voilà ce que j’ai envie de dire, amicalement, à mon cher Nicolas…Anelka. Aujourd’hui, la moindre phrase de cet enfant de Trappes hérissent les poils des bien-pensants.

Pour preuve, sa récente sortie dans les Inrocks (N°783 du 1er au 7 décembre).

« En équipe de France je n’ai jamais chanté la Marseillaise, ça ne m’est jamais venu à l’idée. Et si on m’avait demandé de le faire, j’aurai quitté l’équipe » Que n’a t’il pas dit ? Le monde du médiatico-sportif  est choqué. Mais beaucoup ont oublié que Platini ne la chantait jamais, que Zidane la fredonnait du bout des lèvres et que Barthez pouvait même rire en plein hymne national.  Malgré ça, il ne viendrait à personne l’idée de remettre en cause leur French credibility. Mais pour Nicolas Anelka, c’est différent.

Et il n’arrange pas son cas en ajoutant, sur l’échec des bleus en Afrique du sud :

« On a vu le vrai visage de la France. Dans les moments difficiles, on voit ce que les gens pensent vraiment. On disait : « Ribéry a frappé Gourcuff. Gourcuff, le bon français, Ribéry le musulman ». C’est parti trop loin. Quand on gagne pas en France on parle tout de suite des religions, des couleurs… » .

Provocatrice ou réaliste, cette déclaration d’Anelka  exprime le ressenti de nombreux français. Ces citoyens qui ont le mal de France. Ces Français qui ne savent plus s’ils doivent brandir leur carte d’identité comme un étendard ou la déchirer.

Ce sentiment est présent, en France, depuis longtemps. Déjà dans les années 80, Yannick Noah, le tennisman (je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), disait : « Quand je gagne, je suis français, quand je perds, je suis camerounais ».

1998, victoire en coupe du monde, un espoir de changement. On nous vend une France Black Blanc Beur. La France semble alors unie et indivisible. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… Mais cette parenthèse enchantée s’en est allée avec l’été.

En 2010, après une pitoyable élimination, on veut trouver des responsables : Domenech (normal), les vuvuzelas (peut-être, qui sait ?) et les joueurs avec le soit disant communautarisme au sein de l ‘équipe de France… La ministre des sports de l’époque, Roselyne Bachelot, parle, à l’assemblée nationale, « de caïds immatures contre des gamins apeurés ». Pour certains journalistes, c’est le règne de la culture des « wesh wesh ». Ils ont préféré stigmatiser les origines des joueurs plutôt que d’insister sur une qualité de jeu déficiente.

Quand Nicolas Anelka dit, en substance, qu’il a le sentiment de n’être français que lorsqu’il gagne, il faut l’écouter et non le caricaturer. Dans une émission, diffusée sur la chaîne référence en matière de sport, on s’est même demandé si, avec ce qu’il a dit dans les Inrocks, Anelka n’est pas le Dieudonné du foot. Quand on connaît l’image que l’humoriste a dans ce pays, on devine assez vite l’étiquette que l’on veut coller sur le front de l’international français. Ce n’est pas que le joueur de Chelsea soit irréprochable, loin de là, certaines de ses déclarations sont parfois irrévérencieuses. Mais, ici, Anelka ne fait qu’exprimer son sentiment de malaise dans un pays où il doit sans cesse prouver qu’il est bien un de ses enfants.

A un moment donné, il va falloir que la société française se regarde comme elle est, aujourd’hui. C’est à dire composée de personnes d’origines diverses ayant un réel amour pour ce pays. Un amour qui n’exclut pas la critique.

Sinon on va finir par croire qu’être un bon Français c’est chanter la marseillaise, manger du porc et écouter en boucle Johnny Halliday, le chanteur officiel de la Vème République.

Just see real.

Platini, Zidane, Barthez et la Marseillaise

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4 réflexions sur “T’es toi quand tu parles, Nicolas !

  1. Encore un article qui vise juste, une analyse du problème, des explications claires et crédibles et une proposition de solution. Bonne continuation!

  2. Je sais de quand date cet article, mais comme beaucoup(trop) je me sens malheureusement concerné. Ex soldat de l’armée de terre, médaillé d’Or de la Défense National, je me suis toujours vu «renvoyé» à mes origines. Même s’il est vrai que je suis de ces…999 (si vous ne savez pas a quoi fait référence ce chiffre, suivez-moi sur mon blog:electronlibreweb..) je me suis toujours senti Français avant tout, et j’ai toujours pensé que mes ancêtres étaient gaulois, moi le fils d’ancien militaire de la «Coloniale» Un jour un de mes supérieurs hiérachique me rétorque « K… non seulement t’es noir, mais en plus t’es musulman, t’as vraiment rien pour toi», celà m’a valu 20jours ferme.. et lui une douleur à la mâchoire dont il n’oubliera jamais… l’origine!
    Ps just see reel, tu m’as donné envie de me livrer… merci a toi electronlibreweb est né…just See reel!

    1. Merci pour ton commentaire Electronlibre et pour le partage de cette anecdote.
      Cet article date de décembre 2010, il y’a presque 6 ans. Il est malheureusement toujours d’actualité. Rien n’a vraiment changé depuis et même sur certains aspects cela s’est aggravé.
      Je suis vraiment content que cela t’es donné envie de te livrer et de créer un blog. C’est important de parler, de prendre la parole à l’écrit comme à l’oral, de raconter nos expériences, de raconter ces petites histoires dans la grande Histoire.
      Bienvenue dans le monde de la blogosphère 😉 Longue vie à Electronlibreweb!!! Hâte de savoir ce qu’est un 999. J’ai une petite idée mais je me trompe peut-être 😉

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